La gemmothérapie, histoire et recette du macérat

Les Carnets de Vesunna, L'atelier herboriste
Nathalie Neaud

Quand on commence à parler gemmothérapie, les questions s’enchainent, il y a tant à en dire …

Nous proposons dans cet article une brève mise en perspective historique avant d’aborder la réalisation d’un macérat.

Naissance de la gemmothérapie

L’usage des bourgeons et jeunes pousses à des fins thérapeutiques n’est pas une pratique récente, nombreux sont les peuples qui les utilisèrent dès l’antiquité. Médecines chinoise et ayurvédique y ont notamment recours depuis des millénaires. Plus proche de nous, Hildegarde de Bingen préconisait déjà au 12e siècle l’utilisation de 8 bourgeons d’arbre : bouleau, cassis, charme, châtaignier, citronnier, églantier, peuplier et pommier et les alchimistes en faisait un élixir de printemps.

« L’époque moderne »

Il semblerait que l’étude des plantes de Goethe ait été l’inspiratrice de la gemmothérapie dite moderne.

C’est le travail du médecin belge Pol Henry (dans les années 60) qui va donner ses lettres de noblesse à la thérapie par les bourgeons ou plus généralement par les jeunes tissus végétaux des arbres et arbustes qui l’entourent. Il la baptisera finalement « gemmothérapie », elle repose sur l’utilisation de macérats de bourgeons dilués au 1/10. Il fait le lien entre pathologies et profil sanguin et mesure les modifications biochimiques chez ses patients traités avec des macérats de bourgeons.

Dans les années 70, Max Téteau, médecin homéopathe français poursuit les recherches de son confrère belge sur le macérat de bourgeons dilué au 1/10 mais dans une approche différente. Ses études confirment notamment la supériorité pharmacologique du bourgeon sur la plante entière. Il étudiera également l’action plus subtil des bourgeons sur le psychisme et les émotions. Son travail a contribué au rayonnement de la gemmothérapie auprès de ses confrères.

A la fin des années 80, c’est Philippe Andrianne fondateur d’Herbalgem qui a mis à la gemmothérapie à la portée de tout à chacun en faisant un complément alimentaire du macérat-mère (macérat de bourgeons non dilué ou macérat concentré). La gemmothérapie commence alors à se populariser. L’approche par symptôme qu’il développe contribue à ce cette popularisation.

En complément d’une approche scientifique, Christian Escriva et Stéphane Boistard proposent désormais une approche sensible de la gemmothérapie.

Christian Escriva
installé dans les Alpes maritimes, auteur de plusieurs livres, transforme tant les plantes qu’il cultive en biodynamie que les plantes sauvages. Il contribue activement à la recherche en gemmothérapie en élargissant notamment la liste des arbres concernés et en développant une approche sensorielle qui donne toute leur place aux extraits dilués qu’il préconise.
Il s’est également interrogé sur l’utilisation de la glycérine et a ouvert la porte à d’autres excipients : sirop d’agave, sirop de raisin, miel, etc…

Stéphane Boistard
tend également à prendre de la distance par rapport à l’approche symptomatique de la gemmothérapie. Il en privilégie l’approche sensible notamment par le biais d’une reconnexion au génie des arbres et de la forêt. Il partage cette approche dans son livre et propose des rencontres périodiques en visio pour nous faire entendre la « Voie de arbres ».
Il a fait le choix de remplacer la glycérine par du miel dans les macérats mères qu’il produit.

Une mention particulière au Docteur Fernando Pitera, son “Précis de gemmothérapie” est en effet considéré comme une référence majeure.

« On ne peut isoler l’homme de son cadre naturel et c’est au sein de cet équilibre remarquable que s’inscrit le processus de son bien-être et de sa guérison… Se soigner avec ce qui a germé de la terre est l’acte le plus bénéfique que l’on puisse concevoir, l’interaction thérapeutique la plus intime et la plus efficace entre les forces de la nature et la pathologie humaine … »   Dr Fernando Pitera 

 

La gemmothérapie a pris son envol. Nous sommes nombreux aujourd’hui à contribuer à sa diffusion, c’est une très belle énergie collective… Dans cette dynamique, nous tenions à remercier particulièrement Melilotus et Le Cueilleur.

Réaliser un macérat de bourgeons

“Fabriquer un macérat mère de bourgeons est à la portée de tous” (Mon manuel de gemmothérapie – Valérie Catala).

La reconnaissance des arbres et arbustes par leurs bourgeons ou jeunes pousses est un pré-requis indispensable. Il est recommandé de choisir des arbres que l’on connait bien, qui soient sains et éloignés des sources de pollution.

Les bourgeons sont récoltés par temps sec et mis immédiatement en macération sur le lieu de cueillette dans un mélange d’alcool, de glycérine et d’eau. Ces trois excipient contribuent chacun à l’extraction de principes actifs.

  • L’eau extrait l’énergie, l’information et les dérivés hydrosolubles : tanins, sels minéraux, flavonoïdes hydrosolubles, vitamines hydrosolubles et quelques acides hydrosolubles.
  • L’alcool permet d’extraire les alcaloïdes, les hétérosides, les glycosides et d’autres acides
  • La glycérine extrait les huiles essentielles, les flavonoïdes liposolubles, les vitamines liposolubles et également certains acides

Les proportions respectives sont adaptées au titre de l’alcool. La glycérine peut être remplacée par du sirop d’agave ou du miel. D’autres substituts à la glycérine peuvent encore être proposés.

Pour 100g de bourgeons, la recette traditionnelle prévoit une quantité de macérat mère correspondant à 20 fois la masse de l’équivalent sec de ces bourgeons. La détermination du taux d’humidité des bourgeons est donc un préalable, ce taux est fonction de la plante et des conditions environnementales. Si on considère que les bourgeons contiennent 75% d’eau (25% de matière sèche), on obtient ainsi  20 x 0,25 x 100 soit 500g de macérat mère.

Les bocaux sont agités plusieurs fois par jour et filtrés après le nombre de jour de macération requis. Le flaconnage peut être réalisé immédiatement après la filtration.

Place aux commentaires!

2 Commentaires

  1. Mellot

    Tous nos vœux de réussite pour Vesunna
    Je n’ai pas compris la posologie
    Que prendre un détoxiquer foie et un adoucissant pour les articulations
    Félicitations pour ce projet à qui nous souhaitons le meilleur
    Bonne fin d’année

    Réponse
    • Nathalie Neaud

      Merci pour ce commentaire.
      Pour répondre à la question soulevée nous allons vous contacter par mail. A bientôt donc.

      Réponse

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