Allergies : un soutien naturel avec les macérats de bourgeons

Les Carnets de Vesunna, l'atelier de gemmothérapie
Nathalie Neaud

Le printemps est un spectacle pour les sens : les forêts du Périgord se parent de vert tendre, les fleurs sauvages éclosent et la sève remonte dans les arbres avec une puissance invisible.

Et pourtant, au printemps, les allergies reviennent.

Pour certains, ce renouveau s’associe avec un nez qui coule, des yeux qui piquent, une fatigue diffuse, une peau particulièrement réactive… comme si le corps confondait son environnement avec une menace réelle.

Et si, derrière ces réactions parfois envahissantes, il y avait avant tout… une tentative de protection ?

Allergies, le système immunitaire se tromperait-il de cible ?

L’allergie n’est pas une erreur du corps, c’est une réaction disproportionnée face à des éléments pourtant familiers : pollen, acariens, poils d’animaux, certains aliments, moisissures, ou encore produits de contact. Le corps se met alors en alerte, comme s’il devait se défendre d’un intrus, alors qu’il réagit à un élément du quotidien qui reste sans effet chez la plupart des personnes.

Dans cette lecture, l’allergie n’est pas seulement une “réaction gênante”. Elle traduit aussi une sensibilité propre à chacun qui mérite d’être observée dans leur globalité avec un thérapeute. C’est souvent ce regard d’ensemble qui permet de mieux comprendre ce que le corps exprime.

Des symptômes très variés

Les manifestations allergiques agissent à plusieurs niveaux. On pense bien sûr aux symptômes respiratoires, avec rhinite, congestion, toux ou gêne saisonnière, mais aussi aux yeux, à la peau, ou au tube digestif selon le type d’allergie.

Certaines personnes traversent le printemps avec le sentiment de lutter contre l’air lui-même. D’autres découvrent l’allergie à l’occasion d’un aliment, d’un cosmétique ou d’un contact répété avec une substance jusque-là tolérée. Cette diversité rend l’accompagnement d’autant plus personnalisé.

Pourquoi certaines personnes sont-elles plus sensibles ?

Nous ne réagissons pas tous de la même manière.

Certaines personnes développent un terrain plus réactif, influencé par :

  • l’environnement et le vécu
  • l’exposition répétée à certains allergènes
  • l’état global du système immunitaire
  • l’hérédité

L’allergie peut alors s’installer comme une forme de sensibilité chronique, où le corps reste en alerte permanente.

Si vous êtes sujet aux allergies, quelques repères peuvent aider :

  • identifier les déclencheurs quand c’est possible,
  • alléger les expositions évitables,
  • soutenir l’organisme en période sensible.

Chercher l’équilibre plutôt que la simple suppression

Dans une approche globale, face aux allergies, il peut être intéressant de ne pas chercher uniquement à “supprimer” le symptôme mais plutôt à aider le corps à retrouver un équilibre notamment en accompagnant la régulation de la réponse immunitaire et en soutenant les émonctoires (foie, reins, peau).

La gemmothérapie va trouver naturellement sa place dans ce contexte même si elle n’exclut pas un avis médical.

Les macérats de bourgeons s’inscrivent dans la démarche de soutien mais interviennent également sur le symptôme. Comme toujours, le choix du ou des macérats se fait en fonction de la personne, de son histoire, de sa constitution et du contexte de la réaction allergique.

Le système immunitaire au coeur des manifestations allergiques

L’histamine est au cœur des symptômes visibles de l’allergie, mais elle n’agit pas seule. Après une première phase de  contact avec l’allergène (phase de sensibilisation) , le système immunitaire se souvient et se prépare. Au deuxième contact, il déclenche une vraie cascade : les cellules de défense libèrent de l’histamine en première ligne, mais aussi  d’autres messagers qui entretiennent l’inflammation, la fatigue et les douleurs profondes.

Résultat ? Écoulement nasal, démangeaisons, rougeurs, gonflements, gêne respiratoire… Ces signaux gênants sont l’expression d’un système de défense en action.

Vesunna - illustration de la reaction allergique au retour à l'equilibre

Les bourgeons : une action régulatrice et apaisante

En gemmothérapie, on travaille avec des tissus embryonnaires de la plante : bourgeons et jeunes pousses notamment.

Ils portent une dynamique régulatrice (équilibre immunitaire, organes d’élimination…) et apaisante (toux, écoulement nasal…). Dans le cadre des terrains allergiques, certains bourgeons sont traditionnellement utilisés pour accompagner l’hyperréactivité du système immunitaire et les manifestations inflammatoires visibles.

Dans ce contexte, certains bourgeons offrent des réponses complémentaires, en fonction de la manière dont le corps exprime ces réactions.

Quelques bourgeons clés dans l’accompagnement des allergies

Le cassis, quand la réaction est vive

Le bourgeon de cassis occupe une place particulière dans l’accompagnement des états allergiques, tant son action est à la fois globale et rapide.

Il est traditionnellement utilisé lorsque le corps réagit de manière vive à son environnement : inflammation marquée, inconfort respiratoire, réactions cutanées ou fatigue associée.

Une action sur la réponse inflammatoire – Le cassis est reconnu pour atténuer la réponse inflammatoire déclenchée par l’allergène.
Une influence sur l’histamine – Grâce à sa richesse en flavonoïdes (quercétine, kaempférol, myricétine), il contribue à moduler la synthèse et la libération de l’histamine, impliquée dans les manifestations allergiques.
Une action sur les autres médiateurs impliqués – Il contribue à moduler la production des anticorps responsables du déclenchement de cette réponse immunitaire en cascade.
Un soutien de l’organisme dans son ensemble – Le cassis est traditionnellement utilisé pour renforcer la capacité d’adaptation face aux agressions extérieures et soutenir la vitalité dans les périodes où le corps est fortement sollicité.
Un soutien des fonctions d’élimination – Il accompagne le travail des principaux organes impliqués dans ces processus (foie, reins, peau…), contribuant notamment ainsi à limiter l’accumulation de substances pouvant entretenir les réactions et favoriser un meilleur équilibre global.

C’est cette action multiple et rapide qui explique pourquoi il est si souvent utilisé dans les terrains allergiques.

Il a une action polyvalente sur tous les types d’allergies

  • Respiratoires : rhume des foins, rhinites allergiques, asthme, inconfort respiratoire
  • Cutanées : urticaire, eczéma allergique, piqûres d’insectes (en usage interne et/ou externe).
  • Digestives ou alimentaires : en association avec le Romarin notamment lorsque la sphère intestinale est impliquée.

Conseils de prise :

  • En cure préventive : 1 fois/jour, de préférence le matin à jeun (dilué dans un peu d’eau). Éviter le soir : effet tonifiant chez certains. Débuter la cure au moins un mois avant la période identifiée comme problématique.
  • Aux prémices (nez qui chatouille, yeux qui piquent…) : 2 prises à 15 min d’intervalle.
  • Crise installée (symptômes marqués) : 4 prises à 15 min d’intervalle, puis retour à 1/jour.

Précautions : déconseillé en cas d’hypertension artérielle sévère

Le romarin : foie et intestin au cœur de l’équilibre

Le macérat de jeunes pousses de romarin (Salvia rosmarinus) occupe, aux côtés du cassis, une place stratégique dans l’accompagnement des réactions allergiques. Son action est progressive et profonde.

Un soutien majeur des fonctions hépatiques – Il est traditionnellement utilisé pour :
– accompagner les fonctions de détoxification
– soutenir un organe soumis à des sollicitations répétées
– stimuler la production et l’évacuation de la bile
Pollutions, médiateurs inflammatoires… lorsque l’organisme est fortement sollicité, certaines substances doivent être transformées et éliminées, un travail auquel le foie participe activement.

Un rôle dans l’équilibre intestinal – La sphère intestinale joue un rôle clé dans les réactions allergiques. Le romarin est traditionnellement utilisé pour soutenir l’intégrité de la barrière intestinale et contribuer ainsi à limiter le passage de substances pro-inflammatoires et entretenant une hyper-réactivité immunitaire à l’origine des allergies.
Une influence sur histamine et inflammation – L’acide rosmarinique du romarin module histamine et autres médiateurs allergiques, tout en régulant l’inflammation notamment par son action anti-oxydante.

Une action complémentaire à celle du cassis – Le cassis intervient plutôt sur la réaction immédiate, le romarin agit en profondeur, en soutenant les fonctions d’élimination du foie et en restaurant l’intégrité de la barrière intestinale. Cette complémentarité permet une approche à la fois rapide et durable.

Conseil de prise : de préférence le matin ou le midi (effet tonique)

Précautions : déconseillé chez la femme enceinte

La viorne : Le spécialiste des spasmes respiratoires

La viorne est l’un des bourgeons de référence pour accompagner les manifestations spasmodiques des voies respiratoires en modulant la réponse du système neurovégétatif.

Elle est souvent envisagée lorsque les réactions allergiques deviennent chroniques et  évolue vers l’asthme ou l’eczéma.

Précautions : déconseillée en cas d’hypothyroïdie et de constipation ou de transit lent.
Réservée aux toux sèches ; son action antispasmodique pourrait gêner l’évacuation nécessaire du mucus en cas de toux grasse.

Le charme :  apaiser les manifestations ORL

Le charme (Carpinus betulus) se distingue par une affinité particulière pour la sphère ORL haute notamment lorsque les réactions allergiques s’expriment au niveau du nez, des sinus ou de la gorge. Il accompagne la régénération des muqueuses respiratoires et apaise les irritations liées aux agressions répétées.

Il est traditionnellement utilisé lorsque les réactions allergiques sont répétées et parfois difficiles à contrôler. Il accompagne notamment les éternuements en rafale, les irritations de la gorge et le nez qui coule de façon répétée.

Il est ainsi utilisé en complément du cassis en cas de rhinites allergiques, sinusites d’origine allergique, rhume des foins, alternance nez bouché / nez qui coule.

Précautions : contre-indiqué chez les personnes sous traitement anticoagulant ou fluidifiant

D’autres bourgeons peuvent affiner l’accompagnement

Selon les situations, certains bourgeons peuvent compléter l’approche en venant soutenir des fonctions plus spécifiques : 

  • le bouleau pubescent, outre une action antihistaminique, c’est le bourgeon de référence pour préparer et nettoyer le terrain allergique grâce à une action de drainage profond du foie et des reins avant l’usage de remèdes plus ciblé ;
  • l’églantier, particulièrement intéressant chez les enfants ou les personnes sensibles, lorsque les réactions allergiques se répètent, notamment au niveau respiratoire ; il accompagne ces états réactifs et soutient la capacité du corps à mieux s’adapter à son environnement ;
  • l’aulne glutineux, utilisé lorsque les réactions allergiques s’installent et s’accompagnent d’écoulements importants et épais ainsi que de muqueuses très irritées ;
  • le noyer, intéressant lorsque la sphère intestinale et l’équilibre du microbiote sont impliqués ;
  • le cèdre du Liban, souvent utilisé lorsque les manifestations qui affectent la peau sont plutôt sèches (peau sèche, irritations, desquamation…) ;
  • l’orme, traditionnellement utilisé lorsque les manifestations qui affectent la peau sont au contraire humides (suintements, écoulements, peau réactive).

Au fond, l’allergie n’est peut-être pas seulement un excès à faire taire. Elle est aussi une manière pour le corps de dire qu’il ne parvient plus à s’ajuster à ce qui l’entoure.

Accompagner ces réactions, ce n’est pas seulement chercher à les faire disparaître, mais apprendre à écouter ce qu’elles révèlent : une sensibilité, un seuil dépassé, un équilibre à retrouver.

Les macérats de bourgeons viennent naturellement soutenir ce mouvement…

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